L’opération s’est déroulée le lundi 11 juin, à l’entrée des élèves au collège à 8 heures et à 9 heures, avec l’accord du principal et la collaboration d’une surveillante, que nous remercions l’un comme l’autre.
Elle a été menée par une équipe d’une vingtaine de personnes, équipées de 15 pèse-personnes.
Les élèves ont été pesés en deux fois : avec et sans cartable ; tous n’ont pas pu être pesés : certains ont refusé (notamment en 3ème), d’autres ont profité de l’affluence entre 7 h 45 et 7 h 55 pour passer “entre les mailles du filet”. Néanmoins, si le passage sur les balances a occasionné un peu d’attente, il n’y a pas eu de bousculade.
Les élèves n’étaient pas informés, pour qu’ils ne modifient pas leurs habitudes. On a pu craindre qu’en fin d’année, les cartables étaient déjà moins lourds parce que les élèves travaillaient moins ; on a pensé qu’ils pouvaient être plus lourds parce que les classeurs sont pleins. L’analyse des résultats montre que, quoi qu’il en soit, les cartables sont trop lourds ; néanmoins, nous nous proposons de renouveler l’opération au début de l’année prochaine, pour contrôler ces résultats.
Nous ne pouvions pas ouvrir les cartables pour en vérifier le contenu : il serait pourtant intéressant de savoir ce qui pèse à l’intérieur ; il n’y a peut-être pas que des affaires strictement scolaires.

Echantillon : 510 élèves ; le sexe n’a pas été relevé.
Cet échantillon ne présente pas la même répartition par niveau que la population du collège, mais il peut être considéré comme représentatif, les moyennes par niveau étant très voisines.


L’échantillon comprenait 393 demi-pensionnaires et 95 externes ; pour 22 élèves, cette précision manque. Le niveau n’a pas été précisé sur toutes les fiches ; les diagrammes ci-dessus ne comprennent que les fiches où cette indication a été donnée, mais tout laisse à penser que la répartition ne serait pas fortement différente sur les autres ; on dénombre 49 élèves de 3ème, 96 de 4ème, 119 de 5ème et 144 de 6ème (total 408 élèves).


Le poids des élèves non chargés varie de 27 à 105 kg ; la moyenne est de 52 kg, la médiane 51 kg et l’écart-type 11,6 ; l’intervalle central [m-s , m+s ] est court (amplitude 22 %) mais peuplé (67 %), ce qui révèle une série peu dispersée.

Le poids des cartables varie de 0 (!) à 15 kg. La moyenne est de 6,8 kg et l’écart-type 2,2 ; la classe modale est 6 kg et la classe médiane 7 kg. L’intervalle central est court (29 %) et peuplé (66 %) ; la série est donc elle aussi peu dispersée. Les moyennes de poids par niveau sont très voisines : 6,9 kg en 3ème, 6,6 kg en 4ème, 7,2 kg en 5ème et 7 kg en 6ème. Ceci laisse donc à penser que les collégiens n’apprennent pas à gérer efficacement leurs affaires scolaires au cours de leur parcours au collège.

Mais la comparaison la plus intéressante est celle du poids du cartable au poids de l’élève. On constate que la proportion va de 0 à 34,4 % (un tiers) du poids ! La moyenne se situe à 13,8 %, ce qui est largement excessif. Si on admet qu’un jeune, notamment en période de croissance, ne devrait pas transporter plus de 10 % de son poids, il apparaît que trois quarts (74,5 %) des élèves du collège ont des cartables trop lourds pour eux. Cette série apparaît elle aussi peu dispersée (écart-type 5,7 ; intervalle médian d’amplitude 33 % et d’effectif 71 %) : ceci signifie qu’il y a peu de cartables vraiment légers et peu de cartables exagérément lourds.

Les essais de corrélation sont également significatifs, mais n’ont pas forcément les résultats auxquels on se serait attendu.
Le nuage de points “poids du cartable / poids de l’élève”(page suivante) est très dispersé et fait apparaître une absence de corrélation entre ces deux caractères : le coefficient de corrélation est négligeable, voisin de -12 %. Il indique une légère tendance décroissante heureusement peu significative qui laisserait à penser que plus le cartable est lourd, plus l’élève est léger ! Les deux droites de régression affine sont très distinctes et interdisent toute interprétation de tendance.
La corrélation “poids du cartable / nombre d’heures” est également peu significative. L’interprétation est d’autant plus fragile que les élèves n’ont pas tous bien compris la signification de l’information demandée sur le nombre d’heures (journée pour les demi-pensionnaires, demi-journée pour les externes). Certains élèves ne savent même pas exactement combien ils ont d’heures au collège (neuf élèves pensent même en avoir 8 !)
Le nombre moyen d’heures concernant le contenu du sac des élèves de l’échantillon est de 5,5. Le coefficient de corrélation entre le poids du cartable et le nombre d’heures concernées est lui aussi très faible (moins de 23 %). Les deux droites de régression affine sont très différentes ; la tendance est légèrement croissante, ce qui signifie que le nombre d’heures et le poids du cartable croissent ensemble ; on se serait néanmoins attendu à un résultat plus massif : or le nuage de points est très dispersé. Il faut néanmoins observer que le schéma ci-contre superpose éventuellement plusieurs points sans l’indiquer explicitement : le centre du nuage est donc plus lourd que l’extérieur. Il n’empêche qu’on voit des cartables de 10 kg pour une matinée (on peut évidemment se demander ce qu’il y avait dedans) et d’autres de 5 kg pour toute la journée.

La question de l’utilisation du casier n’a pas été posée systématiquement : il semble que certains élèves s’en servent efficacement mais ils sont peu nombreux. Des élèves ont indiqué que leurs livres restent en permanence dans le casier ; on peut alors se demander comment ils font leurs devoirs et apprennent leurs leçons à la maison.
Cette corrélation peut être recoupée par celle avec le fait d’être externe ou demi-pensionnaire. On constate également qu’il y a peu d’influence : la moyenne du poids des cartables des externes (6 kg) est à peine inférieure à celle des demi-pensionnaires (7 kg). Le nombre d’heures passées au collège ne semble donc paradoxalement pas influer sur le poids du cartable.

Une dernière corrélation a été évaluée, avec la présence éventuelle d’affaires de sport. Ici aussi, on arrive au constat d’une corrélation nulle : le poids moyen pour les 158 élèves qui avaient sport dans la journée est de 6,873 kg, exactement le même au gramme près que pour les 333 qui n’en avaient pas !
On notera enfin que certains élèves transportent leur sac plus longtemps que d’autres ; mais même ceux qui prennent le car doivent le mettre sur le dos et le porter, fût-ce sur une courte distance. La question du moyen de transport n’a été posée qu’à trop peu d’élèves pour que les réponses soient significatives : nous avons néanmoins relevé plusieurs réponses d’élèves venant à pied ou à vélo sur des distances importantes et transportant des sacs très lourds.
La conclusion essentielle à tirer de cette étude est la confirmation de notre inquiétude : trois quarts des élèves de l’échantillon transportent un cartable trop lourd pour eux. On ne voit pas pourquoi la proportion serait très différente chez les autres. Cette constatation nous incite une nouvelle fois à agir pour trouver des solutions efficaces.

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